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Le féminisme de Badinter n’est pas le nôtre, Libération 18.02.2010

samedi 6 mars 2010, par Administration LPLM

NDLR de LPLM : une curieuse attaque en règle . On voit mal en quoi les auteures incriminées ( Badinter , notamment ) aurait pu nier l’impact de la maternité sur la vie des femmes , alors que c’est bien ce qui est dénoncé ??

on peut noter que , dans cette critique non fondée , il est question de faire la promotion d’un eldorado féminin ou liberté consisterait , au nom de la nature et de l’écoféminisme ( Françoise d’Eaubonne qui n’a jamais dit quoique ce soit en ce sens doit se retourner dans sa tombe ), à un allaitement et portage long sans parler d’alimentation bio "faite à la maison" ( on se rapproche ainsi de Kinder , Kirch , Kuche" au nom de la liberté !!) ... et de cododo ( on voit mal la "nature" de cette pratique ... mais mère et enfant sont renvoyés à une fusion permanente ...ce qui n’est pas connu pour faciliter le développement des enfants , bien au contraire )

L’argument de pays scandinaves " différenciés" est faux puisque ces pays sont réputés en sciences politiques pour être beaucoup moins différenciés que la France , championne du culte de la maternité ... et des doubles journées des femmes !

Enfin : rien sur le choix des pères qui restent les grands exclus de ces débats

Peut on s’étonner de leur trop faible participation au vu de la place qui leur est laissée , entres ces représentations véhiculées "au nom des femmes" et la carence de mesures institutionnelles en vue de leur permette d’être plus présents au foyer ?

Quand on confond nature avec une chasse mythique aux mammouths , tout est permis contre la raison ...

Par STÉPHANIE BOUDAILLE-LORIN journaliste, ZORICA CHARLOT assistante de direction, MARIE-FLORENCE ASTOIN ingénieure, DALI MILOVANOVIC éditrice

 

 

Elisabeth Badinter, Sylviane Agacinski, Gisèle Halimi et tant d’autres : vos combats sont devenus nos droits. Contraception, avortement, accès aux études et au travail font désormais partie de notre quotidien. Mais qu’en est-il des inégalités de salaire, du plafond de verre en politique et dans la sphère économique, du partage extrêmement inégalitaire des tâches, des violences, petites et grandes, massivement infligées aux femmes de notre pays ? La crise économique ne peut être tenue pour seule responsable. Nous dénonçons trente années d’immobilisme du féminisme français.

Le féminisme égalitariste fondé en France par Simone de Beauvoir, en ignorant l’aspect biologique de la différence des sexes, a poussé les Françaises à adopter des comportements masculins, sans les ajustements nécessaires, et donc au détriment des femmes et des besoins des enfants. La situation des femmes est meilleure dans les pays inspirés par un féminisme différentialiste. En Scandinavie, la plupart des bébés sont allaités un an. La scolarisation est plus tardive et progressive. Et pourtant, c’est le pays le plus en pointe en termes d’égalité, de partage des tâches et des congés parentaux longs (paternels ou maternels), de représentation dans les instances politiques et économiques.

Devenir parent est l’occasion d’un retour critique sur son chemin de vie, d’une réévaluation de ses priorités. La recherche du bien-être de ses enfants apparaît alors comme un cas particulier d’une recherche globale de sens pour sa propre vie, son couple et sa famille. Pas de morale là-dedans, pas de modèle supérieur à un autre : chacun fait ce qu’il souhaite au moment où il peut. Contrôle non chimique de sa fécondité, allaitement à la demande et au long cours, cododo, portage, hygiène naturelle infantile, nouvelles manières de travailler, refus de la violence éducative ordinaire et de l’hypermédicalisation de la naissance… Chacune pioche dans un panier de solutions créatives ce qui est juste pour elle, à un moment bien circonscrit dans son histoire de femme, à savoir le temps de la petite enfance. Nous sommes souvent les premières surprises par ces choix, et encore plus lorsque nous parvenons à réconcilier émancipation féminine, affirmation de soi, maternité, et parfois même, sexualité, enfin épanouie. Alimentation biologique et faite maison, couches lavables, refus de l’hyperconsommation et autres pratiques décroissantes : pour certains, ces choix s’inscrivent dans une recherche humaniste, écologique et économique ; pour d’autres, pas du tout.

Il est évident que l’amour maternel ne se réduit pas aux hormones. Nous sommes des primates culturels, bien en phase avec les réalités de notre temps. L’accusation de retour en arrière ignore la modernité et la créativité de l’écoféminisme. Faire de la maternité le cœur de l’identité féminine est tout aussi stérile que de gommer l’impact que les enfants ont sur nos vies, qu’on soit une femme ou un homme. Nous attendons du féminisme français qu’il reconnaisse enfin l’immense pression que les femmes subissent de la part des institutions, des psychologues, des professionnels de santé, des magazines féminins, en vue de les faire rentrer dans des cases étroites et aliénantes. Nous souhaitons des conditions sociales qui garantissent une véritable liberté de choix : allongement du congé maternité, rémunération et partage du congé parental entre les parents, diversité et qualité des modes de garde, aménagement des temps, modalités et rythmes de travail pour les mères et les pères, points de retraite pour les périodes non travaillées, respect des usagers par le corps médical.

 

Source : Libération.fr

Il y a près de 30 ans, l’auteur du récent Le Conflit, la Femme et la Mère participait à Apostrophes sur la question de l’amour maternel. Avec l’INA.

 

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